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Ghost in the Shell . Adaptation fantôme

Les adaptations de mangas en films, surtout en prises de vue réelles, ça ne court pas les rues. Soit elles sont produites au Japon et ne sont pas, ou difficilement, exportées, soit les studios américains s’y intéressent pour les produire. Mais dans les titres annoncés, certains sont abandonnés, d’autres flottent dans une faille spatio-temporelle pour parfois en ressortir un jour comme par enchantement (merci Robert Rodriguez de t’occuper de Gunnm, je t’aime putain !), et pour certains, on ne sait pas pourquoi, ça sort sans vraiment prévenir (coucou Netflix qui nous pond un nouveau Death Note).

Et dans le tas, il y a Ghost in the Shell. La série possède une aura suffisamment importante pour que les films et les séries animées déjà produits soient assez facilement trouvables par chez nous, mais jusqu’ici, personne ne s’était essayé à transposer son univers sur une pellicule… Jusqu’à aujourd’hui.

Ghost in the Shell

Bon, concrètement, quand le casting a commencé à être dévoilé, avec une Scarlett Johansson dans le rôle du Major, Internet s’est enflammé. Je n’ai pas réagi à ce choix d’acteurs, à part quand il a été dit que le réalisateur allait brider les yeux en post-production pour rendre le casting plus asiatique, mauvaise idée heureusement abandonnée. C’est un film américain, une adaptation où les acteurs véhiculent un personnage, leur jeu est important, pas vraiment leur gueule, cela ne me paraît pas déconnant d’aller piocher dans le vivier d’acteurs disponibles sur place. D’autant plus que Ghost in the Shell se déroule dans une énorme cité qui me semble très cosmopolite, donc cela ne me gène vraiment pas. Évidemment, ça reste mon avis hein.

Une petit parenthèse pour resituer un peu mon passif avec la série lorsque je suis allé voir Ghost in the Shell : j’ai vu les deux long-métrages d’animation réalisés par Mamoru Oshii et j’avais vu un tiers de la première saison de Stand Alone Complex, reçu lors du Swap Effect avec Alex.

Enfin bref, après avoir vu le film, je suis convaincu que le choix des acteurs est bon. Très bonne surprise lors de la découverte de Kitano Takeshi dans le rôle de Aramaki qui lui va comme un gant, oui je ne savais pas qu’il était dedans. Quelques seconds rôles collent aussi aux personnages comme Ishikawa et Togusa. Petite réserve concernant Batou qui perd en carrure mais le fond de ce personnage, prévenant et toujours derrière Major, est bien présent. Il sera aussi utile pour situer chronologiquement le film, mais j’y reviens plus tard. Enfin, Scarlett Johansson livre un personnage assez réussi. Froid et fort, le cyborg de la Section 9 rend bien à l’écran.

Ghost in the Shell - le Major / Scarlett Johansson

Avant d’en dire un peu plus sur le Major, je dois parler du film et de la manière dont il est construit. Visuellement, il n’y a aucun souci, j’ai pris une claque. La mégalopole est gigantesque, vivante, pleine de lumières et de détails. Les ambiances sont réussies, plans et les lumières donnent du corps à la cité et les costumes sont chouettes.

Le réalisateur a réussi à recréer un univers qui en jette et m’a plongé dans l’ambiance à laquelle je m’attendais, avec du bonus, franchement, je ne pensais pas en prendre autant dans la gueule ! Mais… MAIS ! Il a eu du mal à s’affranchir des références de Oshii en proposant de nombreux clins d’œil, bon à la limite ça pourrait passer, mais surtout des copier-coller de séquences. Si cela ne poserait pas de soucis pour une adaptation “live” d’un des films précédents, cela en pose un pour un scénario différent. J’ai été perdu un bon moment, je ne savais pas s’il s’agissait d’une relecture ou d’autre chose. À un moment, un personnage se présente et j’avais peur de connaître la réponse. Finalement je me trompais et c’est à ce moment que j’ai commencé à me détacher des trames des réalisations de Oshii, à me raccrocher au film et à commencer à prendre mon pied.

Ghost in the Shell - Batou & le Major / Pilou Asbæk & Scarlett Johansson

Il y a bien quelques indices, notamment Batou par exemple, qui laissent penser qu’on est face à une nouvelle histoire et vers quel moment cela se situe dans la chronologie, mais le matraquage de séquences copiées-collées n’aident pas à s’immerger dans le film… pour celui qui connait un peu les antécédents en tous cas. En effet, le fond du film est dense et très peu de choses m’ont parues expliquées ou en tous cas abordées. Le scénario se focalise sur le Major et l’enquête en cours mais oublie de densifier ce qui se passe à l’arrière-plan et ne met pas assez en valeur ce qu’est un ghost (un comble), le transhumanisme, les interrogations sur ce qui fait qu’on est humain ou une machine et ou se situe la frontière. Du coup, pour les néophytes, le film manque certainement de profondeur et en devient probablement frustrant.

Au final, ce film est casse gueule. Je l’ai bien aimé, mais je ne peux pas nier qu’il est maladroit. Reprendre des scènes des films d’animation, pourquoi pas, ça en jette, elles sont iconiques pour certaines, mais elles parasitent la compréhension du long métrage pour ceux qui les connaissent. C’est couillon, je suis persuadé qu’elles ont été reprises pour nous, pour nous faire plaisir et que Rupert Sanders, le réalisateur, s’est fait plaisir aussi. Dans un sens c’est vrai, c’est plaisant de les voir ainsi, mais… bah il y en a trop, c’est raté.

Ghost in the Shell - Batou, Togusa, Saito, Borma, Ladriya & Ishikawa / Pilou Asbæk, Chin Han, Yutaka Izumihara, Tawanda Manyimo, Danusia Samal & Lasarus Ratuere

Il n’y aurait pas eu ce soucis de mimétisme, Ghost in the Shell aurait probablement été pour moi un coup de cœur mais au final il ne sera qu’un film que j’ai trouvé joli et que j’ai apprécié. Il aura eu le mérite de me relancer sur la série comme l’aura fait Albator il y a quelques années. Du coup, après avoir revu le premier film de Mamoru Oshii en bluray, le remaster HD est sympa au passage, j’ai les deux saisons de Ghost in the Shell Stand Alone Complex sur le feu et je rattrape mon retard manga en rajoutant la nouvelle édition que Glénat est en train de sortir à ma collection (et bon sang que ça me titille toujours de vous parler de mangas ici…).

Donc oui, ce n’est peut-être pas un coup de cœur, ce n’est pas parfait, mais Ghost in the Shell est quand même bien fait et j’ai passé un moment agréable. Et puis bon, adapter un classique n’est jamais un exercice facile et il s’en sort quand même pas si mal. Si Akira et Gunnm (Alita Battle Angel en version US) s’en sortent au moins aussi bien quand ils seront enfin adaptés, je serais déjà content ^^

Ghost in the Shell - le Major / Scarlett Johansson

 

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